Se trouver dans l’atelier d’un artiste est un moment privilégié, riche et inspirant. Les « Entretiens en atelier » sont une rubrique pour laquelle des artistes ont gentiment accepté de me livrer quelques secrets d’ateliers. Aujourd’hui c’est Hélène Muheim qui se prête au jeu.

C’est par une exposition en galerie que j’ai découvert les dessins d’Hélène Muheim, dont le romantisme sombre et la texture tout en velouté et en nuances me sont apparu d’une profonde originalité.

Les œuvres

Peux-tu en quelques mots décrire l’apparence de tes œuvres?

Si l’on regarde rapidement mes dessins, on peut ne voir qu’une reproduction d’une gravure ancienne, à peine colorisée, un dessin d’un autre temps. Je travaille actuellement sur de très grands formats, avec l’envie d’être entourée – regardée par le dessin, mais ce sont pour la plupart de petits formats, très souvent isolés par un « blanc-tournant », incrustés dans le papier, cernés par un trait coulant qui leur donne l’apparence – d’un trou – d’un miroir déformant – d’une goutte de verre.

Le paysage est prédominant. Mais j’ai aussi besoin parfois de me confronter à une figure humaine ou animale, comme si je devais ré-habiter ses espaces pour retrouver la possibilité de parcourir d’autre champs, d’en traverser les frontières.

Quelle en est la technique?

Elle est primordiale. Je suis persuadée que, tel un ouvrier – un artisan, un artiste « trouve » ses outils. Les premières couches du dessin sont à base de graphite, en crayon ou en poudre – matériau traditionnel, genèse du trait, de la trace artistique. J’ai d’abord rehaussé mes dessins aux crayons de couleurs, mais j’avais un rapport trop sec avec le papier et je ne suis pas très douée pour le trait. Je n’ai pas un beau « coup » de crayon, je dessine plutôt par masse. C’est peut-être lié au fait que j’ai peint avant de dessiner. Un jour, le nez sur mon dessin, j’ai eu l’impression de « maquiller les reliquats du monde », et c’est en me maquillant ce même soir que j’ai eu l’idée d’utiliser les ombres à paupières comme couleurs. C’est la touche finale que je préfère, l’ultime geste qui peut faire ressortir mon dessin, la lumière – ou l’anéantir, l’écraser. Je travaille par strate : graphite, ombres à paupières, gommage – graphite, ombres à paupières… Je frotte, j’estompe (à en avoir déclenché une tendinite du pouce) jusqu’à ce que les pigments rentrent dans la peau du papier. Papier que je fais venir d’Italie, et que j’ai choisi avec une infinie précaution pour la finesse de son grain et pour sa teinte.

Je suis attentive à la longévité de mes dessins : le papier est sans acide, résiste à la lumière, le dessin lui même est protégé par nombreuses couches de fixatif.

La genèse

D’où t’est venue l’envie d’être artiste ?

Je ne sais pas si j’ai eu envie d’être artiste à ce moment là, mais ce jour là j’ai pris conscience d’un changement. Une fenêtre dont je n’avais pas conscience. J’avais 14 ans, je voyageais avec mes parents et l’une de mes sœurs en Italie, ils nous avaient trainées pour aller voir l’exposition de Giorgio Morandi. C’était si fort cette lumière, ces cadrages, ces glissements d’objets qui n’en étaient plus. À la grande surprise de mes parents, j’ai dépensé ma cagnotte vacances pour acheter le catalogue, que j’ai encore. Nous avons vécu dans un monastère cistercien pendant 20 ans, l’Abbaye de Sénanque, dont mon père avait fait un pôle culturel où artistes plasticiens (Sam Francis, Hantaï, Tinguely, Tapiès …) musiciens, sociologues, théologiens croisaient nos chemins, j’ai probablement été « contaminée » par ces rencontres. Mais je ne crois pas que l’on « décide » d’être artiste, on glisse dans cet état, malgré soi, malgré tout.

D’où vient le choix des sujets ?

Je vis en ville, dans une ville laide. Probablement que la distance grandissante à la nature provoque un besoin de nature. De ma naissance à mes 16 ans, un mois par an, nous partions en Suisse. Face aux montagnes, à la difficulté des ascensions, cette famille enfin existait. C’était l’un des rares moments où je me sentais vivante. J’ai eu donc très tôt le privilège de regarder des bouts du monde par delà les nuages, d’en percevoir l’immensité, l’évidente précarité de nos êtres. Mini Pétrarque sur son Mont Ventoux. Et mon frère Pierre est mort dans une avalanche. Je suis allée voir plus loin, le désert, l’Inde, le Cambodge… Lors de mes marches solitaires j’apprends du paysage à repenser notre rapport au monde. Ce n’est pas par repentir, mais c’est notre implication originaire dans le monde. Le paysage dit la corrélation du Haut et du Bas, de l’immobile et du mouvant, de ce qui a forme et de ce qui est sans forme, ou encore de ce qu’on voit et de ce que l’on devine. Tel qu’il nous apparaît, le paysage est le miroir des relations, anciennes et actuelles, de l’homme avec la nature qui l’environne, la plaque photographique sur laquelle il a laissé une trace plus ou moins précise et profonde.

Et ce médium ?
J’ai dû arrêter de peindre sur mes panneaux de bois lorsque j’ai eu de sérieux problèmes de santé. Mes peintures pesaient trop lourd, et je n’aimais peindre que sur du bois. Fascinée par les nouveaux médias, j’ai alors suivi une formation de designer-développeur, et créé vosdesirs.orgun espace virtuel pour ne rien faireC’est curieusement par le tracé vectoriel que j’ai retrouvé le plaisir du dessin, pour peu à peu m’y adonner entièrement, attirée par cette fragilité et ce début à tout.
Cette lenteur de la pratique du dessin me convient bien. Il est d’une production accessible, (mais j’aimerais trouver un sponsor pour mes ombres à paupières !) facile à transporter, à jeter, à manipuler, à conserver. Et j’aime ce rapport proche du livre et de l’écriture.
Peux-tu raconter ton parcours dans le milieu artistique ?

J’ai intégré les Beaux-arts de Montpellier avec une dérogation, à 17ans. Je voulais juste faire de la peinture à l’huile mais mon prof d’histoire de l’art, dès le premier jour, nous a parlé, montré, des heures durant, le travail de Gina Pane. Après cela, il était hors de question pour moi (mais pas pour mes copines de classe) de faire quoique ce soit avec mon corps et ma féminité. On ne pouvait pas aller plus loin, une chose de moins à faire. Mais forcément ma vision de l’art a commencé à se modifier.
Je suis partie de l’école en troisième année, déçue par l’enseignement : on me demandait constamment d’avoir « une démarche artistique » – j’avais à peine 20 ans. Moi je voulais apprendre, connaître le plus possibles d’outils, de médiums, grandir. J’ai essayé la photo en Angleterre, puis suis rentrée pour passer mon DNSEP aux Beaux-arts de Nîmes, qui était une magnifique école (en façade), où Viallat sortait de mon atelier en hurlant que « la peinture ça se fait avec des brosses de 15cm de large » et pas avec des pinceaux avec 3 poils comme les miens. Faire de la peinture figurative à cette époque, c’était une gageure, alors de la peinture figurative aussi précise que la mienne, c’était du suicide !
J’ai eu pendant dix ans un parcours accidenté, ralenti ; par des opérations – j’ai une maladie des os – les enfants, de grands moments de découragements. J’avais abandonné, suite à la création de « vosdésirs », l’idée d’une production véritablement artistique. La vie d’artiste ne pardonne pas, c’est dur, vous êtes très seule, et c’est financièrement si fragile. Le danger de gagner sa vie ailleurs que dans l’art fait que l’on abandonne souvent. C’est ce qu’il m’est arrivé par le hasard de commandes de sites internet – assez artistiques quand même. Cela nous a permis de vivre correctement pendant ces années là.
J’étais à bout de souffle, pataugeant dans les affres de la programmation, lorsque la galeriste de mon ami a remarqué les dessins que je n’avais cessé de faire, pendant ces années « web », autoportraits dérisoires qui me permettaient de souffler sur les braises de mes vieilles aspirations artistiques. J’ai exposé dans une galerie parisienne pendant 5 ans, nous avons arrêté de travailler ensemble récemment, pour un véritable problème de personnalités, et une absence totale de dialogue, mais, si j’en suis soulagée, je lui suis aussi reconnaissante de m’avoir « rendu » ma place, et de m’avoir permis d’avancer malgré nos différents. Un galeriste devrait jouer le même rôle qu’un entraineur sportif : un coach stimulant et rassurant, et prendre les risques indispensables à la promotion de ses artistes. C’était loin d’être le cas.

Je travaille maintenant avec un agent, Anne-Cécile Guitard, une jeune femme formidable, énergique et droite, avec qui je suis en pleine confiance pour monter des projets, trouver de nouveaux champs d’action, en collaborant avec d’autres commissaires d’expo, en France où à l’étranger, pour pouvoir aussi exporter mon travail. Un très beau projet se concrétise en Corée.

La création

Comment organises-tu ta journée d’artiste ?

J’essaye de dessiner de 9h à 19h, mais je dépends des saisons : j’ai besoin de la lumière du jour pour voir les moindres nuances de mes dessins, alors, quand il n’y pas de lumière, je fais de la recherche, je lis, je monte des projets. J’essaye de consacrer le jeudi aux expos, rendez-vous etc, de ne pas répondre au téléphone entre 9h et 19h, de ne pas m’occuper de la maison, bureau, dossiers, dans ces tranches horaires là. Mais, bien entendu, cela part en cacahouète.
Je ne ressens pas de période de repos. Ce n’est pas un métier être artiste, c’est un état. On n’en décroche pas, très rarement en tous cas. Toujours en vacances /jamais en vacances. C’est un état précaire et dépendant.
Lorsque je me mets vraiment au « travail » je rentre dans une masse épaisse d’œuvres en gestation qui m’embrument le cerveau. C’est une matière compacte qui se répand comme de la mélasse pour ne laisser filtrer que ce qui concerne cette gestation. Je suis assez efficace la nuit pour que de cette épaisseur, ces bribes se cisèlent. Allongée, bougeant peu pour ne pas réveiller mon compagnon, exaspérée par l’insomnie mais enfin concentrée dans ce silence qui permet un flux continu de pensées.
Plus je m’enfonce dans mes dessins, plus je suis heureuse. Il faut toujours se forcer un peu au départ, on a la trouille, la flemme, on trouve de faux prétextes pour ne pas se poser devant sa feuille, on a soi-disant des choses plus importantes à faire.

Quels sont tes trucs quand les idées ne viennent pas? 

Les pannes sont utiles, elles permettent de se poser des questions. Je suis bien loin de me sentir toujours en forme ou intéressante. C’est le hasard qui souvent fait basculer ce processus déprimant ; par une maladresse technique, un regard extérieur, une discussion. Mais c’est surtout en confrontation avec d’autres œuvres que je me re-dynamise un peu —- ou me décourage encore plus!

A quoi ressemble ton atelier ?

J’ai quitté l’atelier contigu à la maison, car ni mes os ni mes papiers n’en supportaient le froid et l’humidité. J’ai investi deux pièces dans la maison, dans lesquelles je me sens vraiment bien, j’y passe la majeure partie de mon temps. C’est très propre, bien rangé. Comme le blanc du papier a une grande importance dans mes dessins, j’en prends un soin maniaque. J’aspire les résidus de mes poudres et protège mes dessins des crottes de moucherons, avec de grand papiers glacés, j’utilise une grande table à dessin pour les petits et moyens formats, et les murs pour ceux qui sont supérieurs à 1m, j’écris beaucoup sur la table pendant que je dessine, des idées, des mots, des chemins de traverses, des titres, que je recopie ensuite et répertorie en fonction du dessin réalisé. Les titres sont très importants, pour chacun de mes dessins. Ils en sont une partie intégrante.
Je fais beaucoup de recherche sur internet, et je prends continuellement des notes – photographiques ou écrites – lorsque je me déplace, m’appropriant des images de toute origine – fragments aperçus sur le web aussi bien que dans les tableaux de la Renaissance – afin de leur soustraire quelque élément constitutif.

Qu’est-ce qui fait que chaque matin tu trouves la motivation de te mettre au travail ?

L’argent !! Mais non pas l’argent ….ça me fait rire.
La curiosité de savoir que puisque maintenant je pense être dans la bonne direction, que vont m’apporter les prochaines heures passées dans mon atelier ?
La mise en place de nouveau projet, la prochaine visite de quelqu’un dont m’importe le regard, une exposition.
Et le plaisir – ou la douleur. Lorsque mon dessin prend forme, je peux ressentir une vraie joie, un bouillonnement qui fait presque un peu mal. Mais il m’est arrivé aussi d’être au bord des larmes avec l’impression d’avoir épluché ma peau et de l’avoir déposée là, sur la feuille.

Hélène Muheim, Le Cœur de la montagne s’est arrêté de battre70 x 100 cmpoudre de graphite et ombres à paupière sur papier.
Nom

Muheim

Prénom

Hélène

artiste franco-suisse
née en 1964

Vit et travaille à

Montreuil

Site de l’artiste
Autre site
Site de son agent

Vue de l’atelier d’Hélène Muheim, 2014.
Hélène Muheim, Out of the blue, 30 x 20 cm, poudre de graphite et ombres à paupière sur papier.

Le privé

Echanges-tu souvent avec d’autres artistes ?
Que vas-tu chercher dans ces échanges ?

Je vis avec un artiste. Avec Eudes (Eudes Menichetti ), nous avons au moins une compréhension commune de ce que cela implique, être deux artistes ensemble; nous nous décourageons ou nous encourageons, tout dépend de la forme de l’autre. Quand nous sommes tous les deux en phase sombre, j’attends le plus calmement possible les phases sereines et productives. Nous avons un regard intransigeant sur le travail de l’autre, mais qui est rarement contre-productif, car basé sur une vraie reconnaissance de la valeur de chacun.
Rencontrer et se confronter à d’autres artistes est fondamental. Les expos de groupe sont pour cela essentielles. J’ai bien aimé les moments passés avec Sylvie Sauvageon, João Vilhena, Iris Schiller, Youcef Korichi, Philip Vormwald, Chloé Poizat, Clara Djian et Nicolas Leto. Pour sortir de la solitude de l’atelier, j’ai un furieux besoin de partage, de critiques ou – et de soutien, de remise en question, de parole, de débat. Il y a aussi un effet miroir, une reconnaissance d’un état qui nous est commun, qui fait du bien. J’ai peu de « vrais » amis artistes mais ce sont de belles personnes dont j’aime la présence artistique et humaine, comme Mirka Lugosi, ou Yves Helbert avec qui j’entretiens une vraie et indispensable complicité.

As-tu une passion secrète ?

Une autre passion? Non. J’ai des bulles d’air comme tout le monde. Récemment le film de Naomie Kawaze, Still the water, m’a profondément touchée. Je dévore des séries, cela me donne une respiration rythmique extérieure, un autre rapport au temps et à l’image comme dans le magnifique Top of the lake de Jane Campion. Je podcaste les émissions que je ne peux écouter en direct, je ne lis plus de romans mais j’aime lire des essais, je peux me passer de musique, elle prend trop de place quand je travaille, mais oui, j’aime la musique. Mon oxygène vient surtout de mes voyages, une fois par an, un mois seule en Inde. C’est encore trop peu, je voudrais y vivre un long moment, avoir un atelier où me poser.

En plus de ton travail artistique, exerces-tu une autre activité professionnelle ?

J’ai encore un léger suivi des sites des clients que j’aime bien, donc que j’ai gardés, mais j’ai arrêté de donner des cours d’arts plastiques. Je suis une lamentable pédagogue, cela m’agaçait prodigieusement et j’y mettais le peu d’énergie que j’essayais de conserver pour moi.

Comment conciles-tu vie privée et travail d’artiste ?

 Je souffre beaucoup de cette mise en découpe permanente. Shirley Jaffe à qui j’avais fait part de ma peur d’être mère et artiste, m’avait dit que oui, elle avait réussit plutôt pas si mal sa vie d’artiste – elle avait fait le choix de ne pas avoir d’enfant – mais elle se sentait affreusement seule. Elle était si triste, si démunie. Certains parents réussissent bien à s’occuper de leurs enfants en privilégiant leur carrière, mais avec cette enfance dans mes valises j’ai voulu être disponible pour eux; ils sont encore à 20 ans très présents, mais ils m’apportent beaucoup. Leur regard sur mon travail est aussi devenu important, c’est drôle ça, je ne m’y attendais pas.

Oui, cela a ralenti – arrêté – ma « carrière ». Enceinte, je suis restée 5 mois allongée alors que Caroline Smulders qui était alors directrice chez Ropac venait juste de me proposer de venir à Paris pour montrer mon dossier. ET le 2ème est arrivé alors que j’étais à peine debout. ET je vis avec un artiste que j’aide beaucoup pour tout ce qui est dossiers, images etc.

J’ai un immense besoin de solitude, et il ne m’est pas toujours facile de cohabiter avec mes proches, ni de les entendre. J’essaye désespérément de faire de mon atelier un espace de concentration, mais « mes 3 hommes »  grattent souvent à la porte. Et j’ai besoin de temps. D’un long temps de solitude pour démarrer un dessin.

Il m’est impossible comme certains artistes, de partager mon lieu de travail, et je ne peux plus dessiner si une autre personne rentre dans mon atelier.

 

Les références

Quelles sont les références artistiques qui nourrissent ton travail ?

Bien entendu ces références évoluent, les jeunes recrues venant bousculer les anciennes; mais à beaucoup d’entre elles je suis restée fidèle. Les peintres de la Renaissance, les flamands, les romantiques allemands, les paysagistes français, américains, la noirceur des photos de Witkin et de Kertész, les paysages de Lory, Patinir, Paul Bril, van Ruisdael, les arrières plans de Leonard de Vinci, paysages délicieusement bleutés. Les manuels scolaires avec des images « la vie cest comme ça », naïves et précises, le dictionnaire Larousse illustré, les gravures suisses du 18ème.

Les photos de chasse et d’arbres du danois Nicolai Howalt, les dessins de Marcel Ghaler, la rigueur épuisante de Mencoboni, les dessins empoisonnés de Shine Shivan, le triste humour poétique de Michel Blazy, les « biomorphies » de Ernesto Neto, le monde sans fin de Pierre Huygue, les peintures de Borremans, les abris de Ryan Gander, Annette Messager et Sophie Calle, les installations de Tara Donovan, les projections de Charles Sandison, les paysages de Dove Allouche…

Tout ces artistes — et bien entendu j’en oublie — forment un méli-mélo qui est ma nourriture, mon point d’ancrage, mon désespoir aussi, ne jamais parvenir à cette grandeur là …
Si j’avais pu être un artiste, un « vrai », j’aurais aimé être Roman Opalka, tracer le temps tel qu’il l’a fait. Cela me bouleverse encore.

Vue de l’atelier d’Hélène Muheim avec l’œuvre Son âme est restée collée sous ma langue, 200 x 210 cm, graphite et ombres à paupière sur papier, 2014.
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