L’exposition de Sylvain Ciavaldini, à la galerie Sator,  dure  encore dix jours. Si vous y allez, ce que je ne saurais trop vous conseiller, pensez, avant d’entrer dans la galerie, de regarder les peintures qui courent sur les murs du passage des Gravilliers (peintures dues à unSolub: voir ici). Elles ne les couvrent pas, elles les ouvrent, bien sûr.
On sait depuis longtemps que les artistes aiment ouvrir des fenêtres. Mais ils cherchent aussi des liens invisibles entre les choses, comme ces escaliers qui doivent nous conduire d’un espace réel à un autre, encore à concevoir.
Aux escaliers imaginaires, répondent étonnamment les tunnels que Sylvain Ciavaldini creuse  en réserve au sein de ses dessins minutieux. Réalisés au Rotring, ceux-ci  ont l’apparence de gravures anciennes, qui évoquent les prisons de Piranèse et autres lieux aux impossibles issues.
Le temps que l’artiste passe sur ses dessins laisse mieux  ressentir l’épaisseur dans laquelle se fraient les couloirs blancs. Ceux-ci laissent l’interprétation libre: formes géométriques au sens abstrait, passages secrets, trajectoires de lumière. Il en va de même pour ces tâches de peinture colorée qui parsèment d’autres dessins, parmi ceux qui sont exposés. L’artiste cherche-t-il à superposer  deux mondes (l’un réel, l’autre supposé), deux imaginaires ou bien une quatrième dimension spatiale aux trois autres? Il nous persuade surtout que donner à voir ne suffit pas: encore faut-il créer des liens, ouvrir des passages,  créer des hypothèses, s’échapper, peut-être. L’art ne saurait se satisfaire de s’exprimer en lieu clos.

Images:

1- Sylvain Ciavaldini, Le vide qui te dévore I, 2017, encre sur papier, 113 x 150 cm (courtesy galerie Sator, Paris).
2- Sylvain Ciavaldini, Le vide qui te dévore VI, 2017, encre sur papier, 76 x 56 cm  (courtesy galerie Sator, Paris) J’ai préféré utiliser une photo perso, plutôt que la photographie officielle de l’oeuvre: il m’a semblé que les reflets des néons nourrissaient encore mon propos.
3- détail de la peinture murale, passage des Gravilliers, Paris.

 

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